Aller au contenu
Accueil » La reproduction de l’octodon

La reproduction de l’octodon

L’octodon a l’une des gestations les plus longues parmi les rongeurs. Sa capacité de reproduction est plus faible que pour les rats et les souris et doit être sujette d’une grande attention pour éviter les erreurs. Les jeunes octodons sont particulièrement sensibles durant les premières semaines de leur vie. Il est également important de savoir différencier le sexe de ses octodons pour prévenir les portées.

En France, il convient de noter que l'élevage de l'Octodon degus en France est soumis à la détention d'un certificat de capacité. Il est donc interdit de faire des portées sans l'obtention de ce certificat.


1 / Différencier le mâle et la femelle chez l’octodon

L’octodon n’a pas de dimorphisme sexuel entre les mâles et les femelles. Seuls leurs sexes permettent de reconnaitre le genre de votre octodon. Il peut être compliqué les premières fois de bien distinguer les mâles des femelles, mais il est essentiel de le faire correctement. La principale différence est la distance entre l’anus et l’urètre, plus grande chez les mâles que chez les femelles.

Les mâles : la distance entre l’anus et l’urètre est plus importante. Elle se caractérise également avec un pli de peau entre les deux organes, qui est assez discret, mais forme une ligne distincte. Le cône n’est pas le pénis de l’octodon, mais lui fait office de fourreau, afin de “ranger” son organe génital lorsqu’il ne se reproduit pas.

Les femelles :  la distance entre les organes est plus faible que chez les octodons mâles, avec seulement quelques millimètres d’écart. On peut également discerner les lèvres, qui sont habituellement refermées et peuvent être difficiles à distinguer. On ne remarque souvent qu’un léger trait horizontal, un “pli” de peau.

2 / Accouplement & Gestation

L’accouplement chez l’octodon est un acte rapide, annoncé par le mâle avec des séries de cris très rapprochées, qui peuvent durer plusieurs dizaines de minutes. Cela promet un futur heureux évènement.

La gestation est longue pour l’octodon car elle dure environ 3 mois. Cela est lié à une croissance lente et un développement tardif des jeunes octodons. Le poids de la femelle en gestation est à surveiller de près, ainsi que durant toute la période de l’allaitement. Durant toute la gestion et l’allaitement, la nourriture doit être disposée de manière permanente pour permettre à la femelle de s’alimenter correctement. L’octodon peut avoir entre 1 et 12 petits, mais la taille moyenne des portées est de 5 à 6 bébés. Les jeunes et plus âgées des octodons ont généralement des portées plus réduites.

La mise bas peut durer quelques heures. La femelle doit être laissée au calme, et ne pas être manipulée. Il est possible de laisser ses congénères avec elle, si ce sont des femelles ou des mâles castrés. Les mâles non castrés doivent être séparés car les octodons peuvent avoir un nouveau cycle œstral dès la mise bas. À la naissance, les jeunes octodons naissent poilus et ouvrent très rapidement leurs yeux. Ils sont capables de commencer à manger des aliments “durs” au bout de quelques jours seulement.

3 / Élevage & Croissance des petits

Les jeunes octodons naissent poilus et deviennent rapidement actifs. À la naissance, ils pèsent en moyenne 13g, pour atteindre 88g en moyenne au bout de 6 semaines. Les petits vont téter jusqu’à l’âge de deux mois environ, mais mangeront d’autres aliments à partir de 7 jours. Dans un premier temps, les jeunes octodons vont rester groupés, avant de s’aventurer de plus en plus dans la cage. Celle-ci doit être sécurisée, en retirant l’accès aux jeunes aux étages et gamelles d’eau pour éviter les accidents.

Les jeunes ne doivent pas être manipulés quand ils sont jeunes et ne doivent pas être séparés de leurs parents. L’élevage des bébés par les parents et leurs congénères est très important dans leur développement psychologique et physique. Les jeunes octodons mal manipulés ou séparés peuvent montrer des troubles comparables à l’hyperactivité ou au syndrome d’hospitalisation. Il est possible de les manipuler lorsqu’ils s’aventurent par eux-mêmes à l’extérieur de leur nid et montent sur les mains.

4 / Sevrage & Indépendance

Le sevrage est un moment clé dans la vie du jeune octodon. Il va devenir indépendant et se nourrir entièrement par lui-même. C’est aussi à cet âge que les mâles doivent être séparés pour éviter les portées consanguines. Le sevrage coïncide généralement avec la fin de l’allaitement, soit vers deux mois : entre 72 et 75 jours après la naissance. Sevrer un octodon trop tôt risque de perturber la bonne croissance physique et mentale du rongeur, et d’induire de futurs problèmes de comportement. Dans la nature, les octodons se dispersent spontanément quand le terrier est surpeuplé, mais certains restent plus longtemps avec leurs parents.

Les octodons ne sont toutefois pas encore adultes, en effet, leur développement se poursuit jusqu’à l’âge de 55 semaines, soit après leur première année. Bien que leur maturité sexuelle parviens tardivement chez l’octodon, entre 3 et 9 mois, en captivité, il arrive que des jeunes soient actifs à partir de deux mois.

5 / Chiffres clés

Âge au sevrage : 72 à 75 jours.
Maturité sexuelle
: entre 2 et 9 mois.
Durée du cycle œstral : 18 à 21 jours.
Durée de gestation : entre 87 et 95 jours.
Moyenne de petits par portées : 5,5.
Portées minimales et maximales : 1 à 12.
Nombre de mamelles : 8.
Durée de l’allaitement : 21 à 40 jours.

6 / Castration & Stérilisation

La stérilisation de l’octodon est un acte de plus en plus pratiqué, afin d’avoir des groupes stables composés de femelles et d’un mâle. Elle permet également à des couples de vivre ensemble sans risquer la moindre portée ou une meilleure cohabitation entre mâles, lorsque ceux-ci montrent des signes d’agressivités ou de territorialité.

La castration du mâle est à privilégier car l’acte chirurgical est plus simple que l’ablation de l’utérus chez la femelle. Habituellement, l’acte est fait sous anesthésie générale et l’octodon rentre chez lui en fin d’après midi. Cependant, la castration/stérilisation doit être un acte réfléchi et considéré avec un vétérinaire. De plus, aucun octodon ne doit être stérilisé avant l’âge de 55 semaines car leur développement n’est pas encore terminé.

Après l’opération, les mâles doivent être séparés au moins 10 à 15 jours pour éviter une saillie des femelles et leur permettre de cicatriser correctement. Il est important de suivre les indications de son vétérinaire et d’administrer convenablement les traitements s’il y en a.

7 / Erreurs à éviter

Devenir éleveur “en herbe” : l’élevage d’octodons est interdit dans plusieurs pays, notamment en Europe, car il est considéré comme un animal sauvage. La création d’un élevage doit prendre en compte de nombreux éléments (provenance des animaux, santé, taille, poids, …) et suivre un standard, notamment pour limiter les maladies héréditaires. De plus, la consanguinité est à éviter le plus possible.

Vouloir une robe “à la mode” : les éleveurs d’octodons tendent à développer de nouvelles couleurs de pelages. Cependant, celles-ci peuvent être sujettes à des maladies héréditaires, en particulier dans les “fermes à rongeur”, où les conditions d’élevage sont déplorables. L’octodon est un animal qui devrait être choisi pour son caractère et son mode de vie et non pour la “beauté” d’une nouvelle robe.

Ne pas gérer le poids de la femelle : la femelle, lorsqu’elle est en gestation et durant l’allaitement doit être surveillée de près. Aucune femelle ne devrait être reproduite en dessous de 200g-230g. La nourriture doit être mise à disposition en permanence jusqu’au retour au poids initial après la gestation.

Manipuler les jeunes octodons : manipuler ou séparer, même pour quelques minutes, les jeunes de leur mère peut avoir des conséquences importantes sur leur développement psychologique. Les jeunes peuvent être manipulés quand ils sont capables de venir par eux-mêmes sur les mains.

Sevrer trop tôt/tard : le sevrage en captivité doit correspondre à la fin de l’allaitement et ne pas être fait avant l’âge de 75 jours, où l’octodon sera capable de se nourrir en totale autonomie. Si possible, lorsque les jeunes sont des femelles ou des mâles non actifs, le sevrage peut être fait à l’âge de 12 semaines.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.